Sabaidi !
Nous rentrons dans notre 1er pays d Asie du Sud-Est le 13 décembre. Nous rejoindrons Vientiane, la capitale et traverserons uniquement le nord.
Avant toute chose petite intro historique : Le Laos a été conquit par plusieurs grandes puissances dont la France ( Indochine ) lors des 200 dernières années et tente de s en remettre avec a sa tête un gouvernement communiste. Il a le triste record du pays le plus bombardé de l histoire ( en pleine guerre du vietnam entre 1963 et 1974 par les américains, "dommage collateral" ). Ce qui équivaut a une bombe larguée toutes les 8 minutes !!! :( Il reste encore des bombes non déminées sur le terrain ce qui limite le travail agricole dans certaines zones.
Grand dépaysement après la Chine. C est direct plus tropical. Moins ordonné. Les bananiers poussent un peu partout. Les cocotiers se joignent à eux. Les forêts recouvrent 85 % et restes vierges et inexploitées. Les visages ne sont plus les mêmes, yeux moins bridés, peau plus bronzés.
Les gens sont plus croyants. Des temples bouddhistes theravada (boudhisme qui vient de l'Inde et pratiqué dans les autres pays d asie du sud-est, mis a part le vietnam) sont présents dans chaque petite ville ou en construction. Il y a énormément de moines dont beaucoup de jeunes qui vont se former quelques années. On les voit de loin avec leur soutane orange fluo. Les temples sont très colorés et dénotent par leur richesse au milieux des villages. A l entrée on peut y lire les "tarifs" pour les demandes aux moines ( prier pour un proche ...). On est toujours étonnés par ce commerce de la foi même chez les bouddhistes, sans compter les nombreux produits dérivés vendus devant les temples dans les endroits touristiques.
C est beaucoup plus pauvre à en juger par les "maisons". En paillasse, en paille, toutes sur pilotis. On en est presque génés de sortir notre tente ( qui pourtant a bien perdu de son éclat) devant eux tellement le décalage est grand. Beaucoup d écoles sont construites par les ONG et restent très sommaires. Quand une famille réussi elle s affiche en reconstruisant et peignant ses murs aux couleurs fluos ou criardes ( genre maison polipocket). Par contre la vie est chère pour leur niveau de vie. Par exemple une bouteille d'eau d'1,5 L coûte quasiment le double que la bouteille chinoise ou thaïlandaise. Comment peuvent-ils s'en sortir?
On pedale entre les coqs au très long cou qu on prépare pour les combats, les enfants qui jouent à la toupie en bois, les délicieuses odeurs des frangipaniers (arbres aux fleurs blanches au parfum incroyable), les robinets et fontaines collectifs ou tout le monde prend sa douche et ou on peut se rafraîchir.
Les femmes portent tous la même jupe jusqu aux genoux qu elles tissent et brodent elles mêmes sur le bord des routes. Les hommes tissent les paniers dans lesquels ils vont chercher tout ce qu on peut trouver dans la forêt. Joncs, branches et herbes en tout genre. Les laotien(nes) ramènent aussi des rats, écureuils, porc epic, grenouilles qu ils mangent et vendent. Ça a été dur pour nous la bouffe après la chine. Très peu de choix, beaucoup plus cher, moins en quantité. Même s ils sont plus originaux pour les viandes, la fraîcheur reste douteuse. On s est rabattu sur les soupes de noodles, valeur sûre! Qu ils servent toujours avec une assiette de légumes crus. Les bananes, qu on trouve partout pour le coup,et a prix modique, sont nos nouvelles amis. Les gens mangent beaucoup de riz collant froid dont ils font des boules et mangent avec les mains ou des légumes racine blanc en forme de betterave au goût de patate.
Pour eux c est l hiver alors ils sont tous autour du feu a 17h. Ça nous fait drôle nous on ressort enfin les shorts! Les sorties d école sont un régale. Tout beaux qu ils sont en chemisier blanc et pantalon noir ou jupe noire et le petit foulard rouge communiste. On fait la course avec eux et leurs velos qui grincent.
Les petits enfants nous saluent tous sans exception d un grand geste de la main et d un "Sabaidi" à tel point que ça en devient louche! Comme si les parents les avaient payés chers pour dire bonjour au gentil occidental. On verra que la route est plutôt empruntée par les cyclos et qu ils ont l habitude ( c est qu on s y fait d être les seuls). Malgres l acceuil chaleureux en surface on aura eu très peu d échanges profonds avec la population. Un peu comme dans ces endroits qui deviennent touristiques ( ça nous a rapelé le khirghistan d ailleurs) et où les gens perdent leur spontaneité et curiosité. Quand on s arrête ils ne viennent pas trop vers nous. Et du coup on n ose pas aller vers eux par peur de déranger ou par timidité. Sauf quand on leur achete quelquechose.
On croyait en avoir finit avec les cols mais la route a été encore très montagneuse (mais on avait un bon entraînement avec la chine!) Nous avons suivi la nationale 13 de la frontière jusqu'à Vientiane ( financée par les chinois, comme beaucoup d'écoles, de barrages, de centrales, d hôpitaux où flotte le drapeau rouge). Censé être la plus grosse route du nord Laos, ça va c était ambiance route de campagne. Et quel bonheur de quitter le trafic chinois !
On comprend toujours pas cette écriture en signes mais tout est traduit en anglais voir en français ( restes des "protectorats" français). Il reste aussi de la France les baguettes de pain ;) et la pétanque. Presque sport national il y a des terrains dans tous les villages où on joue de l argent.
Le Laos du nord vaut le détour. On a eu de ces points de vue! Pourquoi nous ont ils tant émus? Bien sur c est magnifique, il faisait beau, on ne s y attendait pas et ils étaient mérités mais aussi car le temps était super clair ( contrairement à la chine où c est toujours un peu brumeux) et car on arrivait aux heures de couchers de soleil donc les couleurs étaient magnifiques ...qu on a pas réussi a retransmettre en photo. Ça nous a valu après des bonnes galères pour trouver des bivouac mais c est autre chose! Il fait nuit a 17h30 ici. Dur d anticiper. Mais on a toujours trouvé des supers coins dans cette majestueuse nature. notemment une nuit dans une cabane de paysan vue sur montagne. Et a notre grande surprise et bonheur les moustiques sont quasi inexistants ( saison des pluie passée et montagnes).
Dans chaque village moyen, des habitants proposent des chambres dans ce qu'ils appellent guest house. Un sorte de " chez l habitant" auquel on s est laissé tenté 2 fois. La plupart des cyclistes et scootards qu on a croisé utilisent ce système et sont donc très légers en poid de sacoches ( du moins pour ceux qui ne font que l Asie du Sud-est .. Et ils sont nombreux: européens, thaïlandais, malesiens...)
Donc le soir entre la nuit qui tombe tôt, les journées de montagnes ( ca y est on est prêt pour le tour de France!), le soleil, et aussi un état de grossesse, autant vous dire qu on pionce a 21h! Pour nous relaxer on a pu trouver des sources chaudes sur la route. Bon tout est un peu toujours payant si tôt que c est du loisir. Il aurait fallu éviter cette nationale 13 mais enfait pas trop le choix sans s enfoncer dans des routes caillouteuses qu on a pas sur notre carte dans une forêt bien dense. On s en rend compte au bout d un an, nos échanges dependent beaucoup des routes que nous empruntons ( grosses routes touristiques ou petites routes ou personnes ne va jamais).
Voilà un peu quelle a été l ambiance dans les montagnes et campagnes.
Nous sommes aussi passé par 3 grosses villes sur notre route : Luang prabang, Vang vieng, et Vientiane la capitale. Luang prabang et Vang vieng sont 2 villes très touristiques. Malgres nôtres volonté d éviter les foules elles étaient sur notre route, on a rangé notre orgueil de côté et on s est dit qu on avait le droit aussi d aller voir les merveilles de l'UNESCO. Alors on a du troqué notre masque de voyageur contre celui de touriste.
La première Luang prabang. Ancienne ville coloniale remplie de temples bouddhistes, très verte entourée de 2 fleuves dont le Mékong est classée au patrimoine mondial. Heuresement car ça maintien le charme de la ville sans que des buildings commencent à pousser. En arrivant on était un peu perdu après nos campagnes chinoises devant tant d occidentaux, ça faisait tellement longtemps qu on en avait pas vu. Le choc a été un peu violent devant cette ville ou tout est pensé pour le touriste. Des "guest house" tous les 5 mètres, des restos à la pelle, cybercafés, bars pour back pakers, marchés de nuits spécial touristes, entrée payante pour un point de vue, et même boulangeries françaises. Bon, ça ça nous a plutôt donné un repère !;) Après 1 an sans baguette on s est jeté sur une bonne baguette au sésame! Les jus de fruits frais sont toujours un régal. Et on s est rué sur les buffets de viande et légumes à volonté. Résultat :sacré indigestion pour Simon qui n a plus retouché à la viande laotienne ! On a pu aussi revoir nos amis Virginie et Benoit le temps de 2 soirées.
A Vang vieng nous y avons passé noel dans une guest house/ferme en bord de rivière qui faisait du fromage de chèvre bio! Ça a suffit à ravir notre noel! Étrange de passer cette fête sous les cocotiers ( pas dérangeant pour autant!). A vrai dire on ressent pas trop l ambiance noel d europe mais on s est fait notre petit repas avec toast de fromage frais. Et petit dej avec pain et beurre. Vous n'imaginez pas le bonheur!
La ville n'a rien de dingue, comme pour Luang prabang tout est fait pour le touriste. Au lieu de se lancer dans la célèbre activitée pour les backpakers à savoir le tubing ( descendre la rivière en bouée et boire à tous les bars du bord de fleuve - ouai on est des vieux ça craint!) on est allé se balader dans les alentours où il y a de nombreuses grottes pas ridicules du tout et lagons. Le plus grand lagon est sans cesse occupée par des hordes de coréens en gilet orange arrivant par car entier venus se prélasser. C est un spectacle rien que de les regarder meme si on se questionne toujours sur la façon etrange qu on les asiatiques (chinois, japonais, coreens) de faire du tourisme.
Malgres le nombre de touristes, ces villes restes encore à taille humaine et le charme à la laotienne est encore la. Espérons qu il dure un peu.
On est partagé sur ces histoires de tourisme. On est déçu quelque part de la perte de contact naturel et sincère avec la population sans passer par l argent, du regard différent que porte sur nous les gens car nous sommes blancs et de devoir payer pour un site naturel. En même temps on se dit aussi : "tant pis pour nous et pour la richesse de la rencontre, s ils augmentent leurs niveau de vie grâce au tourisme plutôt qu en vendant de la drogue, s ils peuvent envoyer leurs enfants à l école plutôt que dans les champs en faisant payer une entrée pour une grotte grace au tourisme alors tant mieux". Mais de nouveau on se requestionne quand on voit les gosses tendrent la main ou demander plus que ce qu on veut bien leur laisser en pourboire, on se dit : "mais qu'est ce que fait le tourisme? Comment transforme t-il ces gens?" Notre impact est énorme, environnemental, societal, culturel. A nous ne faire du tourisme responsable.
Enfin après 680 km nous arrivons à Vientiane, la capitale qui borde la Thaïlande. On déambule un peu, sans grand charme, ça reste une petite capitale et on aime le côté pas d immeubles de plus de 3 étages. Les marchés sont plus hétéroclites et pas seulement des touristes. On s offre notre cadeau de noel : un buffet italien dont on nous avait donné l eau à la bouche depuis longtemps. On passera la dernière soirée au Laos en compagnie d un chinois, un coréen et un congolais !
Pour résumé on a donc adoré les paysages fabuleux et le dépaysement culturel qu'offre ce pays . Mais le peu de contact avec les habitants nous a déçu. C est pourquoi on décide d écourter le séjour au Laos et de traverser par la Thaïlande pour rejoindre le Cambodge.
[ Avec les nouveaux événements on a du faire des choix en Asie du Sud-est. En effet nous avons prevu de rejoindre le Perou 2 mois avant l accouchement pour pouvoir se poser, donc un avion nous attendra a Bangkok le 18 fevrier. C est pourquoi nous n irons finalement pas au Viêt Nam ( Simon ayant également déjà parcouru ce pays) ].