Nous poursuivons cette année 2017 au Cambodge, pays composé a 95 % du peuple Khmer.
Les douaniers essayent de nous entourlouper à la frontiere sur le prix du visa mais on ne se laisse pas avoir. On y retrouve beaucoup de similitudes avec le Laos ( du moins en comparaison à une Thaïlande plus riche et développée ) : beaucoup de déchets sur les routes, la rentabilisation des scooters à 3 minimum!, les enfants qui vont à l école ou pas ( en fonction de si les parents ont besoin d eux aux champs), la jungle... pays tout autant "en développement " quoique légèrement plus aisé.
On reçoit cependant un acceuil beaucoup plus sympathique qu au Laos du Nord, (hors zone touristique bien sur). A chaque fois qu on s arrête pour notre pause du midi (le truc ici c est le porc frit et riz),on nous propose un hamac pour se reposer, on discute, les femmes comparant nos peau et se demandant pourquoi on se laisse la peau brunir au soleil alors qu elles font tout pour se couvrir, on échange nos photos afin de leur donner un aperçu de où on vit car ils sont curieux, on me questionne sur le bébé ( plus de doute maintenant, ça ne passe plus pour quelqun qui a un peu trop mangé!). On decouvre aussi un assemblage succulent , bananes entourées de riz collant, cuit dans des feuilles de bananes au barbecue. hummm !
Les bivouacs sont faciles le soir, dans les paillasses, auprès des gardes forêts, et on fera la dernière nuit dans un temple boudhiste au pied de Bouddha. On a chaud très chaud et malgres les douches improvisées à la bouteille on sue très vite dans la tente. Les moustiques sont bien présents cette fois donc on traine pas trop dehors. Et ça y est au bout de 13 mois on arrive à se réveiller avec le soleil à 7h et sans réveil... Quel bonheur!!
La première partie jusqu'à Siem Reap se fait en traversant des forêts vierges, la jungle enfait. Mais on constate aussi que c est l heure de la récolte du manioc, on en voit des centaines de rangées en train de sécher au soleil sur les routes après avoir été coupés à la machette ( ou à la machine pour les plus chanceux ). Ce manioc sera ensuite broyé en poudre et exporté principalement en Chine. Les petites villes aux rues de terres rouges surchargées d étales et vendeurs de rue nous évoquent l Afrique. Et 1ere depuis le debut du voyage, on voit beaucoup de panneaux representant l attachement à tel ou tel parti politique. Bien que le Cambodge ai encore un roi, il a plutot un role representatif.
On arrive à Siem Reap, la ville qui touche les temples d Angkor, au Blue Lizzard Hostel que l on a trouvé via warmshower ( avec des prix mega intéressants pour les cyclistes) avec hamacs et accès gratuit à la piscine de l hotel d à côté. De quoi nous donner envie d y rester 4 jours! Entre le blog, les livres à finir, les bricoles mécaniques sur les velos , on a de quoi s occuper! On y rencontre Roger et Jaquou, 2 sextagenaires brestois qui nous feront bien rire et qu on aura peine à quitter. On revoit avec grand plaisir Auriane et Dylan nos amis cyclos de Chambéry avec qui on a pédalé au kazakstan et en ouzbekistan. On se raconte nos aventures depuis qu on s est quittés. Et encore de nouveaux cyclos: les frères Simon et Arthur qui veulent traverser le lac adjacent en radeaux/pédalo, et Elise et Nico le temps d une soirée au centre ville.
Centre ultra touristique et animé où il faut slalomer entre les différentes touristes de toute la planète qui boivent et dansent dans les rues. Une ville bien hétéroclite ou cette vie de gros hotels pour touristes se mélange avec les vendeurs de rues, marchés, maisons populaires et rues non goudronnées.
Et bien sur nous visitons les temples d Angkor le temps d'une journée. On avait peur de se retrouver dans les masses de touristes, mais exepté à ''Angkor wat'', le plus connu et symbole de tout le pays, où c est blindé, le parc est tellement immense et les temples tellement nombreux qu on a pu profiter sereinement de ces merveilles. D autant plus qu on était à velo et donc libre de nos deambulations. Ces temples hindouistes ( le plus imposant complexe religieu du monde) dont la construction eu lieu entre 9oo et 1200 par l empire Khmer témoignent de son apogée et de sa grandeur d époque sur toute l Asie du sud-est. Ils ont d ailleurs été occupés ensuite longtemps par les thaïs.
On a particulièrement aimé le ''Bayon'' et ses tours aux 4 têtes et le ''Ta Prohm'' où les arbres ont repris leurs droits et poussent à même la pierre. Tout ceci donnant de sérieux airs d Indiana Jones.
On repart par bateau en traversant le lac de '' Tonlé Sap'' ( qui n est pas à la même hauteur en fonction des saisons) et longeant la rivière ''Sangker'' jusqu'à Battambang. Rivière qui est complètement habitée sur ces 2 rives par des cambodgiens vivant dans des villages flottants. Tout un mode de vie. La rivière devient la rue donc les gens se déplacent en barque ou vendent leur commerce sur l eau. Écoles et temples flottent également ou sont plus haut sur la berge sur d immenses pilotis. La quasi totalité de l activité est centrée sur le poisson qu ils pêchent dans d immenses filets. C est tres pauvre, on se sent un peu voyeur et pas tres à l aise.
Nous resterons une soirée à Battambang, le temps de se ballader dans cette ville aux maisons coloniales françaises encore en bon état et plus tranquille que Siem Reap.
Puis on reprend la route vers l ouest pour rejoindre la frontiere. Cette partie est bien plus cultivée et hormis l habituel manioc, les manguiers et longaniers décorent le paysage un peu plus valonné ( les ''longanes'', souvenez vous : les frères des litchis).
On quitte le pays le 21 janvier au bout de 12 jours, un peu frustrés car on y serait bien resté plus. On a eu vraiment des bonnes impressions et des bons moments joyeux dans ce pays qui a pourtant souffert il y a peu encore. Après les occupations et guerres françaises, japonaises, américaines; le Cambodge a connu la barbarie des ''khmers rouges'' ( 1975-1979). 1 tiers de la population est morte durant cette dictature communiste radicale d une extreme violence (exterminations, camp de travail ruraux...). D ailleurs il y a tellement peu de personnes de plus de 60 ans dans les campagnes qu on ne pouvait s' empêcher de le remarquer quand on voyait un khmer un peu grisonnant et de penser à l horreur qu il avait du vivre.
Puis vint l occupation vietnamienne et les grandes famines. En gros le pays est "stable " depuis 20 ans.
Comme pour le Laos, on voit bien la différence de niveau de vie dans ces pays qui ont été complètement asservis, colonisés, bombardés jusqu'à peu et qui doivent'' s en remettre'' comparé à un pays comme la Thaïlande qui a évité ces guerres par des habiles jeux de pouvoir en restant plus ou moins neutre et qui a pu se développé et prospéré bien plus tôt.